Les élections legislatives ont eu lieu récemment et nous ont cassé le moral : 30% de vote extreme droite dans le vorarlberg, 29% au niveau national. Si on fait abstraction de la division en deux
partis (FPö 18%, mené par Heinz-Christian Strache et BZö 11%, mené par le plus connu Jörg Haider) , c'est quasiment la principale force politique du pays. En effet, le parti gagnant des élections
est le SPö, parti socialiste, avec un peu plus de 29% des votes.
Que ce soit le FPö ou le BZö, on a affaire à une extreme-droite musclée, dont l'electorat majoritaire sont... les jeunes. Pour se faire une petite idée de ce à quoi 30% des Autrichiens adhèrent
(participation importante + age légal du vote descendu a 16ans), rien de mieux que les affiches de campagnes :
FPö, "parti autrichien de la liberté" (sic) - 18% des voix
Principale affiche
On a droit ici a Heinz-Christian Strache, tout sourire et bronzé comme sur toutes les affiches, qui nous assène "la sécurite sociale pour nos gens - ils sont contre lui car il est pour
vous".
un deuxieme petit exemple :

On a droit cette fois à : "Notre pays pour nos enfants - maintenant c'est a propos de nous, Autrichiens"
BZö, "Alliance pour le futur de l'Autriche" (re-sic), 11% des voix
Voila le fameux Jörg Haider, connu pour ses "dérapages" antisémites et éloges du 3eme Reich. Il a l'air sympa sur cette affiche, non?. Le texte : "L'Autriche pour les Autrichiens. Pour votre
bien"
A partir des affiches, on se rend compte que ces deux partis ont bien assimilé les leviers du marketing, en affichant leur leaders friendly et bronzés. Le Pen a au moins l'avantage d'avoir la
laideur de ses idées, et pas un sourire bright et le bronzage UV.
Ce qui m'a personnellement le plus choqué a été le lendemain matin, un lundi au taf. Ce n'était un évenement pour personne, tout le monde avait le sourire, rien ne s'était passé. A mettre en
comparaison avec le séisme des 17% de Le pen en 2002.
Quand on en parle rapidement avec nos collègues, on a droit a "c'est pas contre les européens c'est surtout contre les turcs"... La xénophobie en Autriche, c'est devenue ordinaire.
Tout ca pour dire qu'on c'est pas senti très accueilli par la population locale. Même si on savait que l'Autriche était pas le pays le plus ouvert, on s'est quand même pris une claque et une forte
impression de rejet.